Hamlet
Mise
en scène de David Bobee
Pour cet auteur et metteur en scène contemporain,
Hamlet représente le « texte des textes », et
réussi à être proche des thématiques des autres spectacles mis en
scènes ces dernières années par sa compagnie Rictus, créée en
1999. pour lui, Hamlet est un jeune homme qui a en mains tous les
outils nécessaires pour questionner ce qui l'entoure, ce qui
l'habite, l'époque dans laquelle il vit. Il fait parti d'une culture
collective, d'un partage avec et pour le plus grand nombre.
Adolescent qui doit faire face au retour du Spectre de son père,
mais dans une vision plus large, il doit trouver sa place dans la
conscience du monde qui se joue à l'intérieur d'un être, à
l'intérieur de lui. Découvrir son identité, son individualité, sa
place dans un contexte social face et/ou avec les autres, toutes ces
questions sont au cœur des problèmatiques qui intéressent David
Bobee. L'idée de filiation dans le partage du théâtre qui serait
un prétexte à la réunion, au débat, le théâtre étant un lieu
hautement démocratique de partage résonne dans la vision qu'à le
metteur en scène d'Hamlet. Il choisit alors de donner le rôle
d'Hamlet à un acrobate (Pierre Cartonnet), de manière à explorer
la langue de Shakespeare dans un jeu corporel, brut et brutal,
animal, « poser un Hamlet un peu chien fou » animé par
un instinct de jeu différent des comédiens à la formation plus
classique.
Pour David Bobee, la scénographie vient avant le
texte ; il commença par dessiner un espace à comprendre puis à
laisser le jeu découler de celui-ci. Ainsi se créa une gigantesque
morgue noir, tournant autour de l'univers claustrophobique qui
dessine le carnage de la pièce. Cette morgue est également une
manière très symbolique de rappeler aux spectateurs que cette pièce
tourne autour de la mort, inévitable dans la vie mais également
dans leurs histoires personnelles et partagées. De l'humanité
décrite par Shakespeare ressort quelque chose de très contemporain,
explique-t-il dans une interview. Les problèmatiques soulevées par
le texte sont identiques à celles d'aujourd'hui, sans romantisme,
centrée autour de la solitude de chaque être face à lui même et à
ceux qui l'entoure, et la scénographie découle de cette
universalité. C'est dans la rupture de la réalité, dans l'héritage
que le Spectre laisse à son fils que le metteur en scène retrouve
sa quête de réponse face aux questions de l'adolescence. Le plateau
perçu comme une boite renvoi également à l'enfermement de chaque
personnage, face aux autres mais également enfermés dans le
fatalisme de leur destin.
On remarque également que David Bobee a réuni
différents corps de métier du spectacle, un acrobate, une chanteuse
(Abigaïl Green), deux comédiens trisomiques, ainsi que des
circassiens. On peut voir ici la multiplicité du caractère
d'Hamlet. Après visionnage d'extraits d'autres mises en scène, j'ai
remarqué que ce metteur en scène aimait particulièrement le
travail corporel d'un texte. Il explore le langage du corps et
cherche à transmettre par la matière humaine des idées.
Enfin, pour le traducteur Pascal Collin, traduire
Shakespeare est « toucher au Saint des saints », toucher
en soi à la confrontation des langages, à la représentation
vivante. La succession des monologues est alors une dialogue muet
avec les spectateurs, on retrouve une nouvelle fois l'idée de
partage.
Catinat
Manon
TL1

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