A la fin de notre représentation, une
ligne "novarienne" se forme. Chaque membre de la ligne joue alors un
monologue ou un morceau de L'Acte inconnu, seul ou en duo. Pour mon
monologue de Jean qui Corde ("J'ai pris la décision de m'suicider moi-même
pour échapper à la mort[...]"), je voulais un costume visuellement
choquant. Mon personnage relate des meurtres qu'il a commis tout en affirmant
ne rien ressentir, même pas le goût du sang. C'est un des passages les plus
"gore" de L'Acte inconnu. Pour contraster avec ces paroles
très dures, je joue avec une petite voix semblable à celle d'une petite fille, afin
d'intensifier l'atrocité du texte. Mon costume se devait donc d'accentuer
lui-aussi cette monstruosité.
J'ai utilisé ma blouse blanche de
Chimie, base de tous les costumes pour la ligne "novarinienne". Je voulais donner l'illusion qu'en
arrivant sur scène avec cette blouse, je venais tout juste de commettre les
meurtres. Comme si je confessais "à chaud" mes impressions et mes sentiments
au public. Avec de la peinture textile rouge, j'ai imprimé mes empreintes de
main et j'ai "lancé" la peinture avec une brosse à dent pour créer un
effet d'éclaboussure, de tâches de sang. Pour donner l'illusion d'une lutte
avec mes victimes, j'ai aussi arraché à la main les poches et troué la blouse à
plusieurs endroits.
Au final, ma blouse ressemble à
celle d'un boucher, maculée de sang. Elle reflète bien la cruauté du texte
qui contraste avec le jeu complètement déshumanisé que j'ai choisi pour Jean
qui Corde.
Je remercie Manon Lebeaux qui m'a aidé à la création !
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